9 méthodes pour vérifier vos pièces d'or
📌 À retenir : Prenez quelques minutes pour lire ce guide tranquillement. Si vous manquez de temps, descendez directement au tableau récapitulatif à la fin.
Dans cet article, nous expliquons comment elles fonctionnent, montrons comment réaliser les tests et les comparons selon quelques points clés après une évaluation approfondie de ces méthodes.
- Profondeur : le test regarde-t-il seulement la surface ou l'intérieur ?
- Résultat chiffré : obtenez-vous une mesure claire du titre ?
- Sans dommage : la pièce reste-t-elle intacte ?
- Limites : quels faux passent encore le test ?
- Praticité : difficulté et coût approximatif.
Nous allons des vérifications les plus simples vers les techniques avancées.
1. Poids et dimensions
Une pièce officielle respecte toujours un poids et des dimensions précis. Utilisez une balance de poche et un pied à coulisse pour vérifier. Ce test est rapide et non destructif, mais un faussaire peut copier poids et diamètre avec un métal bon marché. Mesurer l'épaisseur améliore la fiabilité, mais reste difficile à cause du relief.
Vidéo : Mesure du poids et du diamètre (70 secondes).
- Profondeur : ❌ uniquement la géométrie
- Résultat chiffré : ❌
- Sans dommage : ✅
- Limites : faux avec poids et taille corrects
- Praticité : facile, matériel peu coûteux
2. Aimant qui attire
L'or n'est pas magnétique. Approchez un aimant puissant : si la pièce est attirée, elle n'est pas en or. Ce test repère bien les noyaux en acier, mais pas les faux en cuivre ou en tungstène.
Vidéo : Test d'attraction magnétique (3 secondes).
Comment ça marche
L'or est totalement non magnétique. Si une pièce est attirée par l'aimant, c'est qu'elle contient un métal ferromagnétique (fer, acier, nickel) et qu'elle est donc fausse. Le test détecte efficacement les cœurs aimantés, même sous un placage doré. En revanche, il reste aveugle aux contrefaçons en cuivre ou en tungstène, qui ne réagissent pas du tout aux aimants et peuvent passer ce contrôle.
- Profondeur : ✅ détecte un cœur ferromagnétique
- Résultat chiffré : ❌
- Sans dommage : ✅
- Limites : faux en métaux non magnétiques
- Praticité : très simple, aimant néodyme
3. Spectromètre XRF
Le test XRF envoie des rayons X sur la surface de la pièce pour identifier les éléments chimiques présents. La lecture est rapide et très précise pour la couche extérieure, mais ne voit pas à l'intérieur. Des faux plaqués or peuvent donc passer. L'appareil est très simple à utiliser mais reste cher, avec un ticket d'entrée d'environ 1000 € pour un modèle basique.
Vidéo : Analyse XRF portable (8 secondes).
Comment ça marche
Les rayons X excitent les atomes de la surface. Ceux-ci réémettent ensuite des rayons X secondaires dont l'énergie est propre à chaque élément. Le spectromètre mesure ces signatures pour obtenir la composition précise de la zone sondée. Comme les rayons émis viennent surtout des premiers 70 microns environ, une âme différente recouverte d'une couche d'or peut rester invisible.
- Profondeur : ❌ surface uniquement
- Résultat chiffré : ✅ composition détaillée
- Sans dommage : ✅
- Limites : plaquage épais sur métal différent
- Praticité : facile à utiliser mais cher
4. Test sonore (« ping »)
Frappez doucement la pièce suspendue et écoutez la sonnerie. Une pièce en or pur résonne d'une manière specifique. Comparez le son à une pièce connue ou utilisez une application de ping test.
Vidéo : Test sonore (10 secondes).
Comment ça marche
Quand on percute une pièce, le métal vibre et produit un son. Cette vibration dépend de la forme exacte et de la structure atomique du métal. Chaque alliage a donc sa signature sonore. Le test traditionnel reposait sur l'oreille et l'expérience, mais les applications modernes comparent la fréquence enregistrée à une base de données. Les calculs diffèrent selon l'application, d'où des résultats plus ou moins précis. Il faut aussi entrer la bonne référence de pièce : un mauvais gabarit fausse tout le diagnostic.
- Profondeur : ✅ vibration globale
- Résultat chiffré : ⚖️ certains apps donnent des résultats quantitatifs, d'autres qualitatifs
- Sans dommage : ✅
- Limites : contrefaçons du matériau similaire
- Praticité : simple, nécessite un bon environnement sonore
5. Testeurs électroniques de l'or
Ces appareils mesurent la conductivité ou la résistivité de la pièce grâce aux courants de Foucault. L'or conduit très bien l'électricité (44,2 millions S/m) : la machine compare la lecture à une plage attendue. C'est un contrôle rapide, mais certains alliages riches en cuivre ou en argent peuvent imiter cette signature.
Vidéo : Test d'une pièce avec un PMV (9 secondes).
Comment ça marche
L'or se classe parmi les meilleurs conducteurs (troisième derrière l'argent et le cuivre). Les testeurs génèrent un champ électromagnétique et mesurent la réponse induite dans la pièce. Si la conductivité mesurée correspond à celle attendue pour l'or, la pièce est considérée comme conforme. Comme certains alliages à base de cuivre ou d'argent possèdent une conductivité aussi élevée, ils peuvent renvoyer une lecture similaire et tromper l'appareil. Ces testeurs sont non destructifs mais coûteux, le modèle Sigma Metalytics étant l'un des plus populaires.
- Profondeur : ✅ courant induit dans tout le volume
- Résultat chiffré : ❌ lecture surtout qualitative
- Sans dommage : ✅
- Limites : faux très conducteurs (cuivre, argent)
- Praticité : facile mais appareil onéreux
6. Test de glissement sur aimant
Faites glisser la pièce sur un aimant néodyme incliné. Un vrai disque d'or descend lentement car le métal conducteur crée un courant induit qui freine la chute (loi de Lenz). Les métaux moins conducteurs tombent plus vite. Ce test reste visuel et subjectif : le cuivre ou l'argent peuvent avoir une vitesse proche de l'or.
Vidéo : Glissement sur aimant (7 secondes).
Comment ça marche
Quand un métal conducteur se déplace dans un champ magnétique, des courants de Foucault apparaissent dans le métal. Leur champ magnétique s'oppose au mouvement (loi de Lenz) et ralentit la pièce. Plus le métal est conducteur, plus le freinage est fort. L'or, très conducteur, glisse donc lentement. L'appréciation reste visuelle : des métaux comme le cuivre ou l'argent peuvent produire une vitesse comparable, d'où la nécessité de comparer avec une pièce authentique.
- Profondeur : ✅ interaction électromagnétique interne
- Résultat chiffré : ❌
- Sans dommage : ✅
- Limites : faux très conducteurs (cuivre, argent)
- Praticité : simple, aimant puissant requis
7. Test de gravité spécifique
Pesez la pièce à l'air libre, puis suspendue dans l'eau pour calculer la densité via masse / perte de poids dans l'eau. L'or pur affiche environ 19,3. Un écart important révèle un métal différent. Le tungstène (19,25) reste toutefois difficile à distinguer avec cette seule méthode.
Vidéo : Test de gravité spécifique (41 secondes).
Comment ça marche
On mesure d'abord la masse réelle (W), puis la poussée d'Archimède (W0) lorsque la pièce est immergée. Le rapport W / W0 donne la gravité spécifique. L'or affiche 19,3 ; un résultat plus faible signifie un alliage plus léger. Le test examine tout le volume de la pièce, mais reste impuissant face au tungstène, dont la densité est quasi identique. Pour limiter les erreurs, utilisez une balance précise au centième de gramme et éliminez les bulles sur la surface.
- Profondeur : ✅ mesure la densité globale
- Résultat chiffré : ⚖️
- Sans dommage : ✅ en séchant bien la pièce
- Limites : faux au tungstène ou alliages ajustés
- Praticité : préparation minutieuse, matériel abordable
8. Test à l'acide
Grattez légèrement la pièce sur une pierre de touche ou sur une zone discrète, puis appliquez une goutte d'acide nitrique calibré (10K, 14K, 18K…). L'or reste inerte, tandis que les métaux d'alliage réagissent et changent de couleur. Le test est efficace pour repérer un plaquage fin, mais détruit la surface touchée et exige gants et bonne ventilation.
Comment ça marche
L'or pur résiste à l'acide nitrique, alors que le cuivre ou l'argent se dissolvent rapidement. Les kits comportent plusieurs acides de titres différents : on commence par la valeur annoncée (par exemple 18 carats) et on observe la réaction. Si la trace disparaît, la pièce contient moins d'or que prévu. Un plaquage peut retarder la réaction, mais une couche suffisamment fine finit par laisser l'acide attaquer le métal sous-jacent.
- Profondeur : ❌ principalement la surface
- Résultat chiffré : ⚖️ peut déduire en fonction de la réaction
- Sans dommage : ❌ laisse une marque
- Limites : plaquage épais difficile à traverser
- Praticité : kit économique mais manipulation délicate
9. Essai au feu / titration potentiométrique
Les essayeurs professionnels fondent un échantillon (cupellation) ou dissolvent la matière pour une titration électrochimique. Ces deux méthodes détruisent la pièce mais fournissent la mesure la plus précise du titre. Elles demandent un four adapté ou un laboratoire équipé.
Vidéo : Les 3 étapes de l'essai au feu (2 minutes).
Comment ça marche
Essai au feu : la pièce est fondue dans une coupelle réfractaire, puis le plomb absorbe les impuretés. Une fois refroidi, on pèse le bouton d'or récupéré pour connaître la teneur exacte. La méthode exige beaucoup de matière et détruit complètement l'échantillon.
Titration potentiométrique : on dissout la pièce dans une solution adaptée avant d'ajouter un titrant contrôlé électriquement. La variation de potentiel électrique permet de déterminer la quantité d'or. La quantité de métal nécessaire est moindre que pour l'essai au feu, mais la pièce est tout de même sacrifiée. Ces analyses sont réservées aux laboratoires et servent souvent de référence lors de litiges.
- Profondeur : ✅ analyse l'ensemble du métal
- Résultat chiffré : ✅
- Sans dommage : ❌ complètement destructif
- Limites : contrefaçons du matériau similaire
- Praticité : très coûteux, réservé aux pros
Tableau récapitulatif
| Méthode | Profondeur | Résultat chiffré | Sans dommage | Limites principales | Praticité |
|---|---|---|---|---|---|
| Poids & dimensions | ❌ | ❌ | ✅ | Faux calibrés | Très facile |
| Aimant (attraction) | ✅ | ❌ | ✅ | Métaux non magnétiques | Très facile |
| Spectromètre XRF | ❌ | ✅ | ✅ | Plaquage épais | Facile mais cher |
| Test sonore | ✅ | ⚖️ | ✅ | Alliage similaire | Facile |
| Testeurs électroniques | ✅ | ❌ | ✅ | Alliages très conducteurs | Facile mais cher |
| Glissement sur aimant | ✅ | ❌ | ✅ | Alliages très conducteurs | Facile |
| Gravité spécifique | ✅ | ⚖️ | ✅ | Tungstène | Moyen |
| Test à l'acide | ❌ | ⚖️ | ❌ | Plaquage épais | Moyen |
| Essai au feu / titration | ✅ | ✅ | ❌ | Alliage similaire | Difficile |
Conseils rapides
Parmi toutes les méthodes présentées, les options non destructives les plus efficaces sont le test sonore (ping), le testeur électronique d'or et le test de glissement sur aimant. Ces trois techniques exploitent les propriétés physiques intrinsèques de l'or, comme sa conductivité et sa structure atomique, ce qui en fait des outils fiables pour détecter les contrefaçons.
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